Acheter une Peugeot 1007 d’occasion sans regretter les portes coulissantes

Le prix d’une Peugeot 1007 d’occasion tient aujourd’hui entre 1 200 et 4 500 euros, et cet écart de un à quatre dit tout de la voiture. Personne n’achète une 1007 par hasard : on la choisit pour ses portes coulissantes électriques, et c’est exactement par elles que le budget dérape. J’en ai entretenu quatre pour des clients, dont une pendant sept ans. Voici ce que je sais de cette auto, sans complaisance et sans mépris non plus.

Une citadine que personne n’a copiée

Produite de 2005 à 2009 à un peu plus de 120 000 exemplaires, la 1007 est une citadine de 3,73 m avec deux portes latérales coulissantes motorisées, sans montant central. Elle repose sur une plateforme partagée avec la 206, avec un habitacle surélevé et une modularité de banquette généreuse.

Son défaut commercial était son poids : environ 1 250 kg à vide, soit 200 kg de plus qu’une 206 de gabarit voisin, pour des motorisations identiques. Les performances s’en ressentent et la consommation aussi. En contrepartie, l’accès à bord est sans équivalent dans cette catégorie, y compris pour une personne à mobilité réduite ou pour installer un siège enfant dans un stationnement serré.

C’est cette qualité d’usage qui explique qu’elle conserve un public fidèle. Ce n’est pas une voiture de collection et ce n’en sera probablement jamais une, mais c’est un outil que ses propriétaires gardent longtemps.

Les portes coulissantes, le vrai sujet

Chaque porte est mue par un moteur électrique entraînant un câble dans un rail. Le système gère l’ouverture, la fermeture et la détection d’obstacle. Quatre défaillances reviennent, par ordre de fréquence dans ce que j’ai vu passer.

  • Le câble d’entraînement qui s’effiloche puis casse. La porte reste ouverte ou refuse de se verrouiller. Kit de câble entre 60 et 130 euros, deux à trois heures de main-d’œuvre.
  • Le galet inférieur de rail qui se grippe faute de graissage. La porte force, le moteur consomme trop, le calculateur met le système en sécurité. C’est le cas le moins cher : nettoyage et graissage, une heure.
  • Le moteur de porte lui-même, entre 250 et 450 euros la pièce en échange standard, davantage en neuf d’origine.
  • Le faisceau électrique dans le passe-câble souple entre la caisse et la porte, dont les brins cassent à force de flexion. Réparation possible par reprise brin à brin, deux à quatre heures selon l’accès.
Portière ouverte donnant accès à l'habitacle d'une petite voiture

Une 1007 dont les deux portes fonctionnent proprement, avec un mouvement fluide et sans à-coups, vaut nettement plus cher qu’une autre. C’est le premier point que je teste, avant même de démarrer le moteur : dix ouvertures et dix fermetures complètes, moteur tournant puis contact coupé, pour vérifier le comportement en tension basse.

Attention : une porte qui se ferme mais dont le dernier centimètre force, ou qui émet un claquement métallique en fin de course, annonce une rupture de câble à court terme. Le vendeur vous dira que c’est normal. Ce n’est pas normal.

Quelle motorisation choisir

Trois blocs principaux ont été montés, et ils ne se valent pas sur ce châssis.

Le 1.4 essence de 75 chevaux est fiable et simple, mais franchement juste pour 1 250 kg. Sur route vallonnée, on roule le pied au plancher, et la consommation réelle monte à 8 litres aux cent. Je le réserve à un usage strictement urbain.

Le 1.6 essence de 110 chevaux est le meilleur compromis. Il a le couple nécessaire, il vieillit bien, et sa distribution est à chaîne sur certaines séries, ce qui supprime une ligne de budget. En revanche il est souvent associé à la boîte pilotée 2-Tronic, sur laquelle il faut s’attarder.

Le 1.4 HDi de 70 chevaux consomme peu, autour de 5 litres, et convient à ceux qui font des trajets longs. Sur un usage urbain court, son filtre à particules se charge et devient une source de dépenses régulières, sujet que je détaille dans un article dédié.

La boîte pilotée 2-Tronic

C’est une boîte manuelle robotisée, avec un actionneur d’embrayage et un actionneur de sélection. Elle n’est ni une automatique à convertisseur ni une double embrayage, et elle a ses règles.

Les à-coups au passage des rapports sont dans sa nature, pas un défaut. En revanche, un temps de passage qui s’allonge, un voyant qui s’allume ou un refus d’engager la marche arrière signalent un actionneur fatigué ou un embrayage en fin de vie. Le remplacement d’embrayage sur cette boîte revient à 700 à 1 100 euros pose comprise, avec un apprentissage obligatoire à la valise après remontage. Un actionneur d’embrayage se situe entre 400 et 700 euros.

Lors de l’essai, je fais toujours trois manœuvres précises : démarrage en côte, marche arrière puis première enchaînées, et une phase à vitesse stabilisée à 50 km/h en mode automatique. Ces trois situations révèlent l’essentiel.

Les autres points de contrôle

  1. Les rails de portes et leurs joints : cherchez des traces d’eau dans les bas de caisse intérieurs, sous les tapis. Un joint de rail fatigué laisse entrer l’eau et attaque le plancher.
  2. La colonne de direction assistée électrique, connue pour ses défaillances sur les plateformes de cette génération. Un point dur en braquage à l’arrêt ou un voyant intermittent coûte entre 300 et 600 euros.
  3. Le train arrière et ses paliers, communs à la famille 206, à contrôler par un test de jeu latéral sur pont.
  4. Les jantes de 15 ou 16 pouces et l’état des pneus : la 1007 use l’avant plus vite qu’une citadine ordinaire à cause de son poids.
  5. L’historique d’entretien, avec les factures. Sur cette auto plus que sur d’autres, un carnet suivi vaut plusieurs centaines d’euros de valeur réelle.
Tableau de bord et habitacle d'une citadine vus depuis le siège passager

Le prix d’une Peugeot 1007 d’occasion, tranche par tranche

Ce qui se pratique aujourd’hui, d’après les annonces que je suis pour mes clients : entre 1 200 et 2 000 euros pour une 1.4 essence de plus de 160 000 km avec des portes à surveiller ; entre 2 200 et 3 200 euros pour une 1.6 ou une HDi correctement suivie autour de 130 000 km ; entre 3 500 et 4 500 euros pour un exemplaire de moins de 100 000 km, deuxième main, avec factures.

Ma recommandation est de viser la tranche intermédiaire et de garder 800 à 1 000 euros de côté pour la première année. Sur les quatre voitures que j’ai suivies, trois ont demandé une intervention sur les portes dans les dix-huit premiers mois. C’est prévisible, donc budgétable.

L’entretien courant coûte moins cher qu’on ne le croit

C’est la bonne nouvelle de cette voiture, et elle compense en partie le poste portes. Hors des organes spécifiques, la 1007 partage l’essentiel de sa mécanique avec la 206 et la 207, produites à plusieurs millions d’exemplaires. Filtres, plaquettes, disques, amortisseurs, rotules, embrayage sur les versions manuelles : tout se trouve en adaptable de qualité, à des prix de citadine ordinaire.

Sur la 1007 que j’ai suivie sept ans, la moyenne annuelle d’entretien courant s’est établie à 340 euros, pièces et main-d’œuvre confondues, pour 12 000 km par an. Le détail typique d’une année : vidange avec filtre à huile et filtre à air 110 euros, filtre d’habitacle 25, une paire de plaquettes avant tous les deux ans 90, un jeu de balais d’essuie-glace 30, et une provision pour les consommables de freinage arrière.

Les postes qui montent sont ceux liés au poids : disques avant à changer avec la deuxième paire de plaquettes plutôt qu’avec la troisième, et amortisseurs avant qui fatiguent vers 120 000 km au lieu de 150 000. Comptez 250 à 400 euros la paire d’amortisseurs posée, et 180 à 300 pour disques et plaquettes avant.

Sur les versions essence 1.6 à courroie, la distribution se remplace tous les 100 000 km ou dix ans, pour 380 à 600 euros avec la pompe à eau. C’est la seule grosse échéance prévisible du moteur, et elle se négocie bien chez un indépendant.

La vérification administrative, avant tout le reste

Comme pour tout achat d’occasion entre particuliers, demandez au vendeur un certificat de situation administrative daté de moins de quinze jours. Il révèle un gage, une opposition ou une procédure de véhicule endommagé. Ce document est gratuit et se télécharge en quelques minutes ; les conditions de délivrance sont décrites sur la fiche officielle relative au certificat de situation administrative.

Vérifiez aussi que le contrôle technique date de moins de six mois et que le nom sur la carte grise est celui du vendeur. Si un professionnel se charge du transfert, lisez le mandat d’immatriculation avant de le signer.

Ce que je dirais à un ami : la 1007 est une bonne voiture pour qui a besoin de ses portes, et une mauvaise affaire pour qui la choisit par défaut. Achetez celle dont les portes marchent, pas celle qui est la moins chère. Le reste de la mécanique se répare avec des pièces de 206, ce qui est plutôt une bonne nouvelle, et les contrôles habituels s’appliquent, à commencer par l’état des soufflets de cardan et, sur les versions diesel, l’historique de charge du filtre à particules.